Examen régional Marrakech-Safi 2016
La porte s’est rouverte une seconde fois. Le bruit des verrous nous a
arrachés, moi à ma stupeur lui à son discours. Une espèce de monsieur en habit
noir accompagné du directeur de la prison, s’est présenté, et m’a salué
profondément. Cet homme avait sur le visage quelque chose de la tristesse
officielle des employés des pompes funèbres. Il tenait un rouleau de papier à
la main.
— Monsieur m’a-t-il dit avec un sourire de courtoisie, je suis huissier
près la cour royale de Paris. J’ai l’honneur de vous apporter un message de la
part de monsieur le procureur général.
La première secousse était passée. Toute ma présence d’esprit m’était
revenue.
— C’est monsieur le procureur général, lui ai-je répondu, qui a demandé si
instamment ma tête ? Bien de l’honneur pour moi qu’il m’écrive.
J’espère que ma mort lui va faire grand plaisir ? car il me
serait dur de penser qu’il l’a sollicitée avec tant d’ardeur et qu’elle lui
était indifférente.
J’ai dit tout cela, et
j’ai repris d’une voix ferme :
— Lisez, monsieur !
Il s’est mis à me lire un long texte, en chantant à la fin de
chaque ligne et en hésitant au milieu de chaque mot. C’était le rejet
de mon pourvoi.
— L’arrêt sera exécuté aujourd’hui en place de Grève, a-t-il ajouté quand
il a eu terminé, sans lever les yeux de dessus son papier timbré. Nous partons
à sept heures et demie précises pour la Conciergerie. Mon cher monsieur
aurez-vous l’extrême bonté de me suivre ?
Depuis quelques instants je ne l’écoutais plus. Le directeur causait avec
le prêtre ; lui avait l’œil fixé sur son papier ; je regardais la
porte, qui était restée entrouverte…
— Ah ! misérable ! quatre fusiliers dans le corridor !
L’huissier a répété sa question, en me regardant cette fois.
— Quand vous voudrez, lui ai-je répondu. À votre aise !
Il m’a salué en disant :
— J’aurai l’honneur de venir vous chercher dans une demi-heure.
Alors ils m’ont laissé seul.
Un moyen de fuir, mon Dieu ! un moyen quelconque ! Il faut que je
m’évade ! il le faut ! sur-le-champ ! par les portes, par les
fenêtres, par la charpente du toit ! quand même je devrais laisser de ma
chair après les poutres !
Ô rage ! démons ! malédiction ! Il faudrait des mois pour
percer ce mur avec de bons outils, et je n’ai ni un clou, ni une heure !
1) En vous référant à
l’œuvre dont le texte est extrait, recopiez et complétez le tableau
suivant : (1 pt)
Prénom
et nom de l’auteur
|
Genre
littéraire de l’œuvre
|
Date
de publication
|
Une
autre œuvre du même auteur
|
Victor hugo
|
Roman
à thèse
|
1929
|
« notre
Dame de Paris »
|
2) Mettez en situation le texte ci-dessus dans le roman d’où il est
extrait. (1 pt)
Avant cet extrait le condamné est
transféré à l’hôtel de ville pour la signature du procès verbal.
3) Répondez par Vrai ou Faux devant chacune
des affirmations suivantes : (1 pt)
a. Le pronom personnel « nous » employé dans
la première ligne du texte remplace le condamné et l’huissier.
b. Le message apporté par l’huissier a bouleversé le
condamné
c. D'après
le condamné le procureur général accorde peu d’importance à sa mort (celle du
condamné)
d. Les énoncés exclamatifs employés à la fin du texte
expriment le sentiment de satisfaction du condamné
Portez sur votre copie la bonne réponse : a Faux ; b- vrai ; c- vrai ; d faux -…
4) « -Ah ! misérable ! quatre fusiliers dans le
corridor ! » (1 pt)
À qui s’adresse le condamné dans cet énoncé ?
Pourquoi le qualifie-t-il de « misérable » ?
Il s’adresse à lui même , il va être exécuté dans quelques instants et il ne peut même pas
s’enfuir à cause des quatre hommes en fusil
5) (1 pt)
a. Pendant et immédiatement après la
lecture de l’arrêt, les attitudes du condamné et
de l’huissier sont-elles semblables ou différentes ?
elles sont différentes :
b. Justifiez votre réponse en relevant dans le texte une
expression (groupe de mots) caractérisant l’attitude de chacun des
deux personnages (le condamné et l’huissier). l’huissier ( sans lever les yeux
de dessus son papier) le condamné (Depuis quelques instants je ne l’écoutais
plus)
6) Recopiez et complétez le tableau suivant : (1 pt)
Enoncés
|
Figures
de style exprimées
|
a-« Une
espèce de monsieur en habit noir » (début du texte)
|
Périphrase
|
b-« par
les portes, par les fenêtres, par la charpente du toit ! » (fin du
texte)
|
Anaphore
|
7) Repérez dans le texte quatre mots (ou expressions) se
rapportant au champ lexical de la mort. (1 pt)
Arrêt – exécuté – demandé ma tête – funèbres
8) Le registre littéraire auquel appartiennent les énoncés soulignés dans
le texte est: (1 pt)
a- Le fantastique ? b- le pathétique ? c-
le polémique ? d- L’ironique ?
Retenez la bonne réponse : l’ironique
9) « Dans ce passage le comportement de l’huissier est révoltant. Il est
complètement insensible à la douleur du condamné. »
Approuvez-vous cette observation ? Justifiez votre réponse en une ou
deux phrases. (1 pt)
Oui je l’approuve entièrement car cet homme ne pense pas du tout à la
souffrance du condamné ; tout ce qui l’intéresse lui c’est d’accomplir son
devoir d’huissier même si c’est la vie d’un homme qui est en jeu
10) Le condamné évoque dans les dernières
lignes du texte l’évasion comme moyen d’échapper à son exécution.
Pensez- vous que le condamné ait raison de vouloir agir ainsi ?
Justifiez votre réponse en une ou deux phrases. (1 pt) oui , je pense qu’il
a raison de vouloir s’évader car c’est une réaction logique vue la situation
dans laquelle il se trouve . j’aurais fait la même chose si j’étais à sa
place .
Sujet :
Présentant un exposé sur le roman « le dernier jour d’un
condamné » de Victor Hugo, un groupe d’élèves affirme :
« Toute personne ayant lu ce roman comprendra mieux la souffrance
d’un condamné à mort. Elle s’opposera dorénavant, de toutes ses forces, à la peine
capitale ! »
Partagez-vous cette opinion ?
Rédigez, en une vingtaine de ligne, un texte où vous
exposerez votre point de vue que vous appuierez au moyen d’arguments et
d’exemples convenables.
Arguments :
-
répondre à la violence par la violence n’est pas la solution à ce problème.
- le système judiciaire est défaillant :il peut s’y glisser
quelques erreurs.
- il y
eut beaucoup trop d’erreurs condamnant des accusés à une mort qu’ils ne
méritaient point.
- il est
arrivé quelquefois qu’après l’exécution du prétendu coupable, le réel meurtrier
venait se livrer et avouer son ignoble geste sur l’ordre de sa mauvaise
conscience.
- les
enquêtes ne sont pas toujours menées avec le sérieux requis, il faudrait
peut-être s’interroger sur la capacité du système judiciaire à juger
adéquatement un individu coupable ou non.
- il n’y a pas d’humain assez parfait pour juger du comportement
d’un autre et encore moins de décider de sa mort.
-le
droit de vie et de mort n’appartient pas à l’homme, mais à Dieu.